17.12.2007

Service civique des jeunes – Oui mais !

 

Dans un communiqué commun, les principales associations d’éducation populaire saluent et appellent de leurs vœux l’établissement d’un service civique comme l’a évoqué B. Laporte secrétaire d’Etat aux Sports.

Cet enthousiasme est surprenant. Il faudrait avant tout s’interroger sur « l’intention qui sous-tend l’action ».

M. Sarkozy peut utiliser les mots de Jaures, Thorez ou utiliser Guy Moquet, il mène, j’espère que vous vous en êtes aperçu une politique ultra libérale. Nous ne sommes donc pas dans la logique sociale de 1936 ou de l’après guerre où les mouvements de jeunesses étaient florissants et remplis d’idéaux.

 

POURQUOI

Donc pourquoi le gouvernement peut souhaiter créer un service civique ?

Il y a à mes yeux trois raisons possibles, toutes trois valables et qui sont sans doute intriquées.

  • En réponse à « la crise des banlieues » (qui est beaucoup plus étendue que la banlieue), le gouvernement pense sans doute que le service militaire avait ses vertus – pas celles de faire un bilan d’acquisition des savoirs et de santé, mais celles d’enseigner les normes sociales à coup de brimades.
  • En réponse au chômage des jeunes, les parquer pendant 6 mois ou un an en dehors du marché de l’emploi permet de dégonfler les statistiques. Depuis 2 ans au moins, nous savons que la baisse du chômage est purement artificielle et ne repose que sur des radiations arbitraires. L’exercice a forcément des limites, il faut trouver autre chose pour atteindre 2015, année où la baisse démographique nous promet le plein emploi.
  • En réponse à la baisse du nombre de fonctionnaires voulue par le gouvernement, ce service civique permettrait de pallier aux manques de personnel dans l’éducation, la santé, les maisons de retraite…

 

COMMENT

Les associations d’éducation populaire et de jeunesse évoquent les vertus de la mixité sociale.

Certes, mais pour qu’il y ait brassage, il faut « départ ». Il faut sortir de la maison familiale, du quartier, des copains.

Si un service civique est institué par un état « en faillite », il n’y aura pas les finances pour un hébergement. Ce sera un service de proximité, il n’y aura donc pas de brassage.

Comment un gouvernement qui valorise «  la France qui se lève tôt » par opposition à celle des chômeurs, qui préconise le travailler plus pour gagner plus, pourrait-il maintenant valoriser l’acte gratuit et solidaire ? Comment redonner des idéaux collectifs après avoir valorisé le chacun pour soi ?

 

« il devient urgent de réhabiliter les valeurs du travail collectif et désintéressé au service des autres »

 

C’est vrai, ils ont raison, mais cela ne passe pas si c’est une main-d’œuvre à bon marché destinée à assoir une politique de désengagement de l’Etat.

Ne nous laissons pas piéger par des mots. Nous ne mettons pas les mêmes valeurs derrière.

 

Bernard Pesquet

Conseiller Régional – Les Verts

 

SERVICE CIVIQUE DES JEUNES : IL ETAIT TEMPS !

Le secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte a relancé le 5 décembre l’idée de généraliser le service civique des jeunes. Ce projet essentiel serait-il enfin devenu prioritaire dans l’agenda politique ? Nous, organisations de jeunesse et étudiantes, associations d’éducation populaire et d’action sociale, défendons l’intérêt et l’urgence de rendre cette étape incontournable dans la vie de tous les jeunes, d’en faire un élément clé de leur éducation citoyenne. Car dans une société qui peine à se définir et à trouver de nouveaux repères, il devient urgent de réhabiliter les valeurs du travail collectif et désintéressé au service des autres. Développer le civisme est un réel enjeu de société, qui nous concerne tous, jeunes et moins jeunes. Et les besoins sur le terrain sont là, comme un appel à l’engagement. Confier à des jeunes des missions d’intérêt général répondant à de réels enjeux sociaux ou environnementaux. Recréer des lieux de mixité sociale et culturelle. Offrir aux jeunes une occasion de se servir en servant les autres. Telle est la vocation d’un service civique porteur de sens, qui pourra influencer durablement nos mentalités et redonner un souffle à nos valeurs républicaines. La nécessité de développer le Service Civique des jeunes en France fait consensus au sein de la classe politique. Si les modalités pratiques et la durée minimum de ce service civique universel sont à préciser au regard des expériences du terrain, le sujet est important et l’urgence réelle. Il faut maintenant passer aux actes, garantir le déploiement massif du service civil volontaire déjà en place, et s’engager sur la durée, en alliant ambition et exigence de qualité. Nous affirmons haut et fort la volonté de nos associations et fédérations nationales de travailler très concrètement, dès demain, avec le gouvernement et les parlementaires, au déploiement d’un service civique porteur de sens, pour notre jeunesse et notre société. Premiers signataires : AFEV, AFIJ, ANACEJ, Animafac, CEMEA, Cotravaux, Croix Rouge française, Eclaireuses Eclaireurs de France, FAGE, Fédération L’Arche en France, la Ligue de l’enseignement, les Petits Frères des pauvres, UFCV, UNEF, Unis-Cité ...