15.04.2008

Nationalisation des bénéfices – décentralisation des dettes

Gloire à la SNCF , elle a réussi à dégager un bénéfice record de 1 Milliards d’Euros, dont elle va reverser 130 à 150 millions à l’Etat.

Mais grâce à qui a-t-elle pu réaliser ces bénéfices ? Grâce aux collectivités territoriales qui ont financé une bonne part du coût des nouvelles lignes à grande vitesse. Grâce aux régions qui ont fait le choix d’augmenter les dessertes TER, de renouveler et de moderniser le parc de matériel et souvent de le faire moderniser par la SNCF qui s’est sucrée au passage. Grâce donc aux contribuables et aux impôts locaux.

La SNCF a délibérément choisi de faire disparaître progressivement le fret ferroviaire. Pas assez rentable pour le bilan de fin d’année. Peu importe si c’est rentable pour le réchauffement climatique et la sécurité routière. Peu importe si les collectivités avaient financé des équipements comme les gares bois, la plateforme conteneurs de Gevrey, ou l’embranchement de Pagny.

 

Gloire à La Poste qui elle aussi dégage un bénéfice de 943 millions d’Euros pour payer des dividendes à l’Etat (environ 141 millions).

Mais grâce à qui a-t-elle pu réaliser ces bénéfices ? Grâce aux collectivités locales qui dans de très nombreuses communes rurales ont financé (avec les impôts locaux) des agences postales pour ne pas voir disparaître le service public. Grâce à la dégradation du service : boite relevées par le facteur le matin et non plus le soir. Plus de facteur attitré sur une tournée qui permettait des services en plus à de nombreuses personnes isolées (portage des médicaments par exemple). Aujourd’hui un facteur ne sait pas quelle tournée il assurera le lendemain. Et ne parlons pas de l’attente aux guichets !

 

Pour ces deux sociétés nationales, les dividendes vont à l’Etat et non aux collectivités qui ont dépensé pour permettre ces bénéfices.

Cela servira sans doute à remplir un peu les caisses pour assurer le train de vie du Président ou financer l’expédition de militaires dans le bourbier Afghan.

 

Bernard PESQUET

Conseiller Régional – Les Verts

21.03.2007

Vous avez dit Services! Vous avez dit Publics!

Nos services publics depuis des années se transforment. D’ailleurs peut-on encore employer ce terme ?

 

La Poste : Dans certaines communes rurales, il subsiste un bureau de poste. Mais dans quelles conditions? Ouvert le matin dans une commune, l’après-midi dans l’autre 10 Kms plus loin. L’usager n’a qu’à être vigilant : c’est l’aspect financier qui décide de tout, et non le service rendu.

                                                                                                            

La santé : Où sont passés nos hôpitaux de proximité ?

Depuis la suppression de toutes les petites maternités, le temps d’hospitalisation d’une jeune maman est passé de 8 jours à 3. Pourtant cette durée était nécessaire pour soutenir  la jeune maman et lui apprendre à s’occuper de son bébé, pour veiller sur les premiers jours de l’enfant. Mais peut-être qu’après tout accompagnement et prévention étaient inutiles ?

Il faut rentabiliser, alors fermons des lits, fermons des services ! Le patient sera mieux soigné dans des services de pointe. Mais encore faut-il qu’il y arrive en cas d’urgence !     Ah ! j’oubliais : l’hélicoptère est là ! Tellement économique ! Mais pourvu qu’il soit disponible au bon moment !

Dans certaines zones de notre département, il faut parcourir au minimum 50 Kms pour se faire opérer, aller accoucher ou être hospitalisé. En fonction des lits disponibles, on hospitalisera un patient de Sens à Avallon et inversement. Peut-être a t-on oublié l’importance des visites et du soutien des proches dans la guérison des malades ? Car faute de moyen de transport individuel et de ressources suffisantes, le patient risque de se trouver bien isolé.

Favorise-t-on là encore un service à tous les publics?

 

Les écoles : Regrouper les écoles, pourquoi pas ? On rompt l’isolement des enseignants, on rentabilise des équipements, mais à quels prix ? La mort de zones rurales, des villages sans écoliers ; des enfants de maternelle tireront-ils profit de leur scolarisation avec 1h30 de transport journalier ?

 

          Les prétendues économies de fonctionnement, réalisées par une centralisation excessive, risquent de coûter très cher aux services publics et aux individus, en transports notamment. A l’heure de l’augmentation du prix du carburant et de la réduction des gaz à effet de serre, est-ce bien raisonnable ? Le service public, comme son nom l’indique, doit rendre LE MEILLEUR service à TOUS. C’est un principe d’égalité inscrit dans notre république très souvent claironné, de moins en moins respecté.         

J.G.