21.06.2009

Agriculture prisonnière

 

La crise des prix que connaissent actuellement les producteurs laitiers n’a rien de nouveaux.

Aujourd’hui c’est le lait : personne ne comprend que les prix à la ferme baissent alors que le consommateur ne voit pas la différence dans son caddie.

Il y a peu de temps, on justifiait l’envolée du prix du pain par une augmentation du prix des céréales. En réalité, la farine ne représente que 25% du prix du pain et il se passe près d’un an entre la récolte et la transformation.

Il y a un peu plus longtemps, lors de la crise de « la vache folle » les prix à la ferme s’effondraient alors qu’ils ne bougeaient pas à l’étal.

La Politique Agricole Commune est sans doute responsable de cette situation : les primes européennes assurant le revenu des agriculteurs, il n’y a plus besoin d’acheter la production à son juste prix.

Comme toujours, ce sont les intermédiaires qui s’enrichissent au détriment des producteurs et des consommateurs. Le pire est de penser que parmi les intermédiaires qui se sucrent, certains sont des structures coopératives, mais il y a longtemps que leurs cadres dirigeants l’ont oublié.

Ou ils ont oublié ce qu’était une coopérative et au service de qui elle était placée.

 

L’agriculteur est de plus en plus coincé entre ses fournisseurs et ses clients.

C’est pourquoi les OGM sont (entre autres) dangereux, puisque cela interdit les semences de ferme et donc rendent les exploitants dépendants.

 

Mais pour échapper au dictat des transformateurs et des centrales d’achat de la grande distribution, la solution la plus simple est la transformation à la ferme et la vente directe. Certes cela donne beaucoup plus de travail, mais le revenu sera également meilleur et il vaut sans doute mieux cette solution que la disparition des exploitations.  Car c’est cela le plus grand risque.

 

Bernard PESQUET

Conseiller Régional – Les Verts

 

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