17.07.2007

Transport et Conseil régional

Comme toujours, il y a les mots, il y a les actes et il y a les conséquences.

Dans la politique menée par le Conseil Régional de Bourgogne en matière de transports et d’infrastructures de transport, on retrouve bien ces trois séquences.

Les mots c’est, par exemple, diminuer les nuisances engendrées par les automobiles en ville.

 

Les actes, pour une large majorité des conseillers régionaux, au-delà des clivages politiques, c’est réaliser des rocades autour des villes.

Les conséquences c’est un peu plus de trafic automobile – le phénomène « aspiratif » bien connu : la circulation de transit augmente grâce à la fluidité de la rocade, la circulation urbaine augmente aussi puisque libérée du trafic de transit.

Le Schéma Régional des Infrastructures de Transport éclairé par le développement durable, annonce que les rocades doivent s’accompagner de mesures visant à réduire la circulation en ville. C’est beau, c’est bien, c’est angélique. Car ces aménagements seront forcément secondaires et les commerçants feront pression, persuadés de leur ruine prochaine. On ne peut pas ruiner le commerce de centre ville, car on est toujours à proximité d’une élection locale ou nationale.

Pour diminuer les poids lourds sur les routes on développe les plateformes fluviales pour le trafic de conteneurs. Cela diminue les coûts du retour des produits délocalisés en Asie qui transitent dans ces conteneurs.

Un large consensus se dégage pour obtenir l’électrification de la ligne ferroviaire Dijon – Nevers. Mais le Conseil Régional accepte de participer au financement du déficit d’une liaison aérienne sur ce même trajet. Outre l’aspect polluant du transport aérien, surtout sur de courtes distances, on aide quelques nantis à faire le voyage. Ces nantis – cadres administratifs de la fonction publique, des collectivités ou des chambres consulaires sont par ailleurs des personnes influentes qui peuvent faire avancer ce projet d’électrification. Mais ils ne le feront pas avancer s’ils prennent l’avion.

Faut-il créer des routes et autoroutes pour répondre à la mauvaise qualité des prestations de la SNCF (indigence du fret, diminution – voire disparition des liaisons transversales voyageurs, grandes lignes se réduisant de plus en plus au seul réseau TGV laissant de côté de larges territoires), pour permettre aux poids lourds de circuler et ainsi permettre le stock zéro dans les entreprises ou se battre pour inverser cette tendance ?

Le Conseil Régional (comme sans doute la grande majorité des collectivités territoriales) ne mène qu’une politique d’adaptation aux réalités économiques alors qu’il faudrait imposer une volonté politique aux acteurs de l’économie.

Les collectivités territoriales gèrent avec enthousiasme le déclin de leur territoire.

Pour illustrer ces propos vous pouvez consulter le Shéma Régional des infrastructures et des transports en Région Bourgogne (S.R.I.T.)

SRIT.pdf

Bernard Pesquet

 

Ecrire un commentaire